"Coeur de chien" de Mikhail BOULGAKOV le 16 novembre 2005


Compte-rendu de Mireille VERDIANI

La séance, comme à l'accoutumée, a débuté par les premières impressions de lecture: c'est le caractère comique de ce pamphlet antisoviétique qui a d'abord été souligné, puis des rapprochements ont été proposés avec "Le colloque des chiens" (in "Nouvelles exemplaires") de Cervantés et Kafka.

On a ensuite abordé quelques aspects de la vie de M.Boulgakov, médecin de formation , qui a choisi de consacrer sa vie à l'écriture bien qu'il n'ait pratiquement pas été publié dans son pays de son vivant. De son roman "La garde blanche" est tirée une pièce qui n'a pu être jouée (avec succès) que peu d'années avant d'être interdite, comme toutes les autres pièces de l'auteur.

On s'est aussi interrogé sur les relations de M.Boulgakov avec Staline auquel il a écrit plusieurs lettres qui disent avec force et honnêteté sa souffrance d'être un écrivain non publié, un dramaturge non joué, qui ne cherche pas à flatter ou à cacher qui il est et qui demande à pouvoir quitter l'URSS. Staline semble l'avoir trouvé bon écrivain et, s'il l'a fait censurer, il n'a pas porté atteinte à sa vie, comme cela a été le cas pour beaucoup d'autres.

Mais, l'intervention principale de cette séance, a été celle d'une petite nièce de Boulgakov (petite fille d 'un frère de l'écrivain). Elle est née à Paris et est installée à Marseille depuis 25 ans. Elle donne alors des indications biographiques : Boulgakov appartient à une famille bourgeoise de Kiev. Il est initié au théâtre dès son enfance dans le cadre familial. Très lié à ses frères Nicolas et Yvan. Trois mariages. La troisième épouse, Hélène, a joué un grand rôle dans la publication posthume de "Le Maître et Marguerite", ouvrage majeur de Boulgakov.

Elle rappelle aussi qu'une adaptation théâtrale de cet ouvrage a été donnée en Avignon en 2000 et que "La cabale des dévots" a été jouée, par une troupe russe, au théâtre Toursky à Marseille en 1998 avec un grand succès.

Elle conclura en nous disant qu'aujourd'hui, M.Boulgakov est très apprécié en Russie et considéré comme un des plus grands écrivains russes du XXe siècle. Un participant signale qu'il existe à Moscou un parcours touristique autour de M.B., qui permet, notamment, de visiter l'appartement dans lequel il écrivit "Le Maître et Marguerite".

De "Coeur de Chien",écrit en 1925, on retiendra notamment que M.Boulgakov ne croit pas qu'on puisse créer un "homme nouveau", que l'utopie de "la table rase" est une folie.

Compte-rendu par Annie ROUZOUL de "Coeur de chien" de Boulgakov, représenté à Marseille au théâtre de la Minoterie du 1er au 16 avril 2005

Au programme 2004-2005 de Direlire figurait, par hasard, en décembre, le livre "Coeur de Chien". Certains auraient préféré "Le Maître et Marguerite" mais nous avons hésité devant le poids de l'oeuvre maîtresse.

Nul ne pensa à proposer "Le roman théâtral" dont le titre primitif était "Mémoires d'un mort" et qui finit ainsi: "Pris d'une passion inextinguible pour le Théâtre indépendant, enchaîné désormais à lui comme un chien à sa niche, j'allais chaque soir au spectacle..."

Boulgakov aurait été content du spectacle de l'autre soir; du moins "mon" Boulgakov, que je reconnus aussitôt, pathétique et drôlatique, en Haïm Menahem, adaptateur, metteur en scène, acteur-comédien, homme et bête de théâtre. L'accompagnaient au piano - au final à l'accordéon - et lui donnaient la réplique Natacha Rajkova et Youri Kantomirov, qu'il était allé chercher, tout exprès, en Russie.

La salle était pleine mais n'a pas croulé sous les bravos. Qu'est-ce que c'est que çà? ont dû se dire certains, mi-figue mi-raisin. S'ils ne connaissaient pas Boulgakov ils ne pouvaient évidemment pas le reconnaître. C'était pourtant lui. Tellement lui pour moi: ressuscité.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire