Presentation du livre d'Emmanuel Dongala
          "Photo de groupe au bord du fleuve" 


Dès le début du livre , on nous explique que l’on appelle « Ma » ou « Mama » les femmes en âge d’être la mère ou la grand-mère ; et « Ya » pour celles juste en âge d’être une grande sœur . Puis on nous présente toutes les femmes du groupe ( une quinzaine ) , en même temps que se prépare la contestation en vue d’obtenir un meilleur prix de vente de leurs sacs de pierres , à savoir : 20.000 F CFA au lieu de 10.000 . Il fut d’abord question de demander 15.000 mais il faut toujours laisser une marge pour le marchandage .
Comment Méré s’est séparée de son mari TITO : elle refuse les relations sexuelles parce qu’il a découché et à cause du Sida . Il devient violent , et elle s’en va avec les 3 enfants . Elle se réfugie chez Tante Turia .
Les femmes réunies décident la poursuite de la lutte , elles mettent en place une entraide mutuelle , partage des ressources pour tenir pendant l’affrontement avec les acheteurs.
Une longue journée va commencer (chap.7)
Elle commence par les nouvelles de la Radio sur le Sierra Léone et les excisions . Puis à 11h. sur le chantier , l’affrontement avec les acheteurs.
Ces derniers prendront la fuite avec les coups portés par Ya Moukiétou !
Joie du groupe ! C’est la fête ! Et résonne LE CRI de Iyissou … Celle-ci était restée muette depuis la mort de son fils , sous ses yeux , par les soldats qui l’accusent , à tort, d’être un milicien ennemi .
Mais à 14 h. retour des acheteurs avec les forces de police : bagarres , injures.
Les insultes faites par Ya Moukiétou amènent la fureur de la police qui riposte par des tirs à balles réelles faisant 3 blessées ( dont Batatou grièvement , d’une balle en pleine poitrine ). Elles sont acheminées vers l’hopital et 3 autres sont embarquées au commissariat.
Toutes se rendent alors devant la prison du commissariat et réclament à tue-tête la libération des 3 femmes . 1 heure + tard arrivent le Maire et TITO . Nouvelles discussions , finalement les 3 femmes sont libérées , elles n’ont pas été torturées ! Il est 2 heures du matin .
Le lendemain , Méré rassure «  Tantine » qui la croyait blessée , puis elle cherche à avoir des nouvelles des autres , Laurentine : blessée au visage, Anne-Marie au bras et Batatou au poumon .
Elle apprend par Tito qu’une réunion des 1ères dames africaines se tiendra à Brazzaville prochainement .
Finalement elle organise une réunion dans la cour de l’hôpital pour être près de Batatou qui est dans un état grave.
La solidarité marchera à fond aussi pour payer les soins à l’hôpital où rien n’est donné , pas même une compresse .
Réunion en vue de récupérer les sacs confisqués : Méré propose une marche sur le commissariat , mais Bilala explique que les soldats les tueront même si cette marche est pacifique ( déjà vécu ) . En fin de compte une délégation de 6 filles sera nommée pour rencontrer le commissaire.
A l’hôpital , le Directeur autorise seulement 2 personnes à voir Batatou . Ce sera Méréana et Atareta , celle-ci était restée là depuis le début pour veiller sur les blessées . Il demande aussi qui paiera les frais et Méré lui répond : notre association !
Fin de la journée ; chacune rentre chez elle. Méré sera raccompagnée par Armando qui se montre de plus en plus pressant , mais elle ne le rejette pas .
Au petit matin , Méré est embarquée par la police . Croyant à un enlèvement , elle utilise une ruse pour passer un coup de fil à sa Tante : «  dans ce pays on peut toujours disparaitre sans laisser de traces !.. » Mais elle est emmenée chez la Ministre de la Femme qui lui dit accepter toutes leurs revendications.
Puis elle est convoquée chez la Présidente qui lui demande une seule chose en échange : qu’elles ne perturbent pas le 10ème anniversaire des rencontres de 1ères dames africaines. Cette manifestation doit commencer le lendemain. Elle lui tend une enveloppe contenant une très grosse somme d’argent. Méré la prend machinalement et réalise très vite que c’est de la corruption ! Elle est déjà sortie du palais , arrive le taxi , Armando à qui elle confie l’enveloppe en attendant que le groupe décide ensemble ce qu’elles doivent en faire.
Une réunion se tient chez Méré : tout le monde est là . Après bien des discussions et sur le conseil de Tante Muria , la décision est prise de donner tout cet argent pour Batatou et ses enfants : morale et dignité sont sauves .
Elles décident également de continuer leurs revendications.
Par le biais de Tito et par tél. ,la femme du Président demande aux filles une déclaration devant toutes les T.V. convoquées pour la réunion : elles doivent renoncer à leurs revendications . Méré bluffe Tito qui croit à un accord complet . Ensuite les filles débattent sur « quoi dire « ? et Qui va le dire ?
Là , Méré choisit la plus « villageoise «  de toutes , celle qui ne parle que le KIKONGO national ! Elle finit par convaincre les autres en expliquant qu’elle veut «  faire la nique «  à Tito et à sa patronne .
Lorsque les journalistes arrivent, ils sont nombreux . Un long débat commence car ils veulent Méré pour faire la déclaration . Mais celle-ci tient bon : ce sera BILALA ! 3 pages savoureuses ( 228-29 et 30 ) de débat sur les vêtements de Bilala et sur son parler en dialecte kikongo . Elle va d’ailleurs s’en sortir très bien , avec ses mots simples et sa logique , elle sera ovationnée par ses camarades .
A l’hôpital , Batatou décède dans de tristes conditions : même pas un drap sur son corps ! Il faut quelqu’un de sa famille pour signer le registre . Il n’y a personne . Méré signe en se faisant passer pour sa cousine et Armando pour son Oncle . Après de sérieuses recherches , ils vont trouver dans un lointain village , une voisine et amie qui va leur apprendre que son vrai nom es t VUTELA . Ils sauront aussi la triste vie de leur camarade ( viols et tortures et grossesse ) . Quand ils reviennent , on décide d’organiser des obsèques royales de Batatou au cimetière du centre-ville réservé à la classe dirigeante.
Une première nuit de veillée est organisée chez Méré par les femmes , elle se passe dans la tristesse . Zizina vient voir Méré . Elles discutent sur le travail nécessaire pour que les hommes arrivent à respecter les femmes, ceci dans le cadre de la mission de Zizina au Libéria avec l’O.N.U.
Le lendemain , le Ministre de l’intérieur et Tito viennent ( à la demande de la Présidente ) inviter tout le groupe à participer à la cérémonie d’ouverture du congrès , mais SCANDALE  , elles refusent !

C’est Bilala qui invoque l’au-revoir à Zizina à l’aéroport au même moment . Le ministre dit qu’il bloquera tous les avions et Méré lui réplique :
 »Même celui de l’O.N.U. ? « Le ministre est déconcerté . Il ne pensait pas qu’une de ces femmes pouvait monter dans avion de l’O.N.U. …
Finalement , ayant obtenu toutes leurs revendications , chaque femme aura un capital de 100.000 F CFA et pourra ainsi réaliser son rêve ou son projet .

Une «  happy – end «  est la bienvenue après toutes ces horreurs et ces violences .
Anne FRERING