Les Seances de juin 2026

"Cristal qui songe" est un roman de science-fiction de Theodore Sturgeon publié en 1950, explorant la différence, les pouvoirs psychiques et des cristaux mystérieux capables de rêver et de créer la vie.
Résumé de l'intrigue
Le roman suit Horty Bluett, un jeune garçon adopté et maltraité par ses parents, qui est renvoyé de l'école pour avoir mangé des fourmis. Après un accident qui lui coûte trois doigts, il fugue et trouve refuge dans un cirque ambulant dirigé par Pierre Ganneval, surnommé "le Cannibale", un ancien médecin misanthrope. Horty se lie d'amitié avec deux naines, Zena et Bunny, qui le protègent et l'intègrent à la troupe.
Wikipedia
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Au sein du cirque, Horty découvre la collection de cristaux mystérieux du Cannibale. Ces pierres possèdent des pouvoirs extraordinaires, capables de rêver et de reproduire des êtres vivants, comme des arbres, des animaux, et potentiellement des humains. Le Cannibale, obsédé par le pouvoir de ces cristaux, tente de les exploiter pour assouvir sa haine et son désir de contrôle, révélant un rapport cruel mais fascinant entre l'homme et ces pierres vivantes.
Babelio
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Thèmes principaux

    La différence et l'acceptation : Horty et les membres du cirque sont perçus comme des "monstres" par la société, mais ils démontrent une humanité profonde.
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    Pouvoir et responsabilité : Les cristaux représentent un pouvoir immense et mystérieux, et le Cannibale illustre les dangers de l'exploitation de ce pouvoir.
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    Psychisme et perception : Le roman explore les capacités psychiques et l'intuition, notamment à travers la relation d'Horty avec les cristaux et son double sens.
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    Fantastique et science-fiction : Les cristaux qui rêvent et créent la vie introduisent un élément de merveilleux et de réflexion sur la nature de la conscience et de la vie.
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    Sources 2

Contexte littéraire
Publié initialement en 1950 sous le titre anglais "The Dreaming Jewels", le roman est considéré comme un classique de la science-fiction et de la littérature fantastique. Theodore Sturgeon y développe des thèmes qu'il approfondira dans "Les plus qu'humains", notamment la différence, la tolérance et les capacités surhumaines. Le livre a été salué pour son originalité, sa profondeur psychologique et son exploration des relations humaines à travers un prisme fantastique.
Wikipedia
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En résumé, "Cristal qui songe" est une œuvre qui mêle aventure, fantastique et réflexion sur l'humanité, centrée sur un jeune héros confronté à la cruauté et à la magie des cristaux vivants.

 

Lundi 11 Mai 2026 à 17 h


 Chers toutes et tous,

Dans le cadre de notre séance "Les écrivains voyageurs" , c'est Karin
HUET qui nous fait le plaisir de sa visite.

Originaire des côtes d'Armor, elle a passé une partie de son enfance en
Polynésie française et réalise régulièrement des voyages "autour de la
mer" notamment en Kayak dont elle tire ses récits . Auteur de romans, de
poèmes et de récits ethnographiques ou de voyage, elle nous parlera en
particulier de son dernier ouvrage : paru en 2024 " l'Âne et la routo"

Une belle soirée en perspective! A bientôt donc.

Bien amicalement

Elisabeth

Les Seances de Mars 2026



Le 20 septembre 1519, Magellan entreprenait depuis Séville le premier grand voyage autour du monde. Ce 500e anniversaire est l'occasion de découvrir l'une des meilleures biographies consacrées à ce navigateur légendaire, celle de Stefan Zweig.
La seule traduction de ce récit datait de près de soixante ans. Une nouvelle version s'imposait, plus proche du texte original. Elle a été confiée à Françoise Wuilmart, traductrice de renom et spécialiste du grand écrivain autrichien, qui procède à une véritable redécouverte de l’œuvre.
L'art du romancier se déploie pleinement dans cette odyssée biographique. Zweig nous plonge dans une aventure sans pareille, au cœur des affrontements, rivalités et mutineries qui ont émaillé cette traversée encore jalonnée d'autres épreuves - froid polaire, tempêtes, faim et maladies. Mais rien n'est venu à bout de la détermination du Portugais qui avait convaincu le roi d'Espagne Charles Quint de soutenir ce projet fou : prouver qu'« il existe un passage conduisant de l'océan Atlantique à l'océan Indien » : « Donnez-moi une flotte et je vous le montrerai : je ferai le tour de la Terre en allant de l'est à l'ouest ! » C'était sans compter l'océan Pacifique, dont les Européens ignoraient encore l'existence.
L'expédition se terminera trois ans plus tard, sur un rafiot ne comptant plus qu'une vingtaine d'hommes sur les 265 embarqués à Séville, et sans Magellan lui-même, tué lors d'un combat avec des indigènes sur une île des Philippines. Mais elle a abouti, en ouvrant la route des Épices, à une découverte considérable pour l'histoire de l'humanité.
Cette aventure est aussi celle d'un destin entraîné par une volonté sans mesure. Un de ces exploits qui illustrent pour Zweig la conscience créatrice des hommes, prouvant qu'« une idée animée par le génie et portée par la passion est plus forte que tous les éléments réunis » et sert le progrès de la connaissance et le besoin humain de dépassement de soi.







 Publié en 1931, "Les Vagues" ("The Waves") fut traduit par Marguerite Yourcenar en 1937. Paru en 2020, le présent volume, préfacé par Mona Ozouf, propose la traduction de Cécile Wajsbrot (1993).
Le roman consiste en monologues parlés par six personnages, et interrompus par neuf brefs interludes à la troisième personne, qui détaillent une scène côtière à différents moments du jour, de l'aube au crépuscule.        

Ces voix qui s'entremêlent sans jamais se toucher, ces personnages qui n'en sont pas parce qu'ils ne sont que des paroles, cette quête désespérée d'une unité du moi, tantôt approchée, tantôt éloignée, ce mouvement de la vague, va-et-vient des personnages les uns vers les autres et vers eux-mêmes, ce rythme qui fait oublier qui parle parce que Bernard, Neville, Louis, Suzanne, Jinny et Rhoda sont une seule voix même s'il y a des restes de personnages, des situations particulières irréductiblement différentes, Bernard qui raconte des histoires, qui prend la parole au point de la monopoliser à la fin du roman, Bernard qui est une vague, tantôt trouvant le calme de la solitude, un rivage possible, puis retrouvant les détails de la vie ordinaire qui lui font raconter des histoires, se perdre, n'être plus que Bernard qui écrit des phrases dans un carnet, Neville qui aime, Suzanne qui s'enracine, devient un arbre, Louis qui efface son accent australien, Jinny qui n'est qu'un corps, Rhoda qui est un fantôme sans visage. Mais tous sont des fantômes sans visage.

Il y a au coeur de ce roman une absence, la mort de Perceval, dont on n'entend jamais la voix mais qui est au centre de tout. Quelque chose flotte. Les personnages s'estompent et font place aux paysages. Perceval est mort et n'a jamais existé. J'ai la bizarre impression de ne pouvoir parler de ce livre qu'en en prenant le style, cette constante analyse intérieure qui fait que quelque chose échappe toujours, et que quelque chose, c'est tout.

Il y a dans Les Vagues un condensé de l'expérience humaine moderne, cette avancée dans la vie où tout évolue sans vraiment changer, les souffrances et peut-être, mais ça semble moins sûr chez Virginia Woolf, les joies prenant juste plus de poids, mais les mardis succèdent aux lundis indéfiniment et les vagues ne cessent pas de se heurter contre le rivage. Il n'y a jamais de rupture dans ce texte, malgré ses six narrateurs que tout oppose et que tout réunit, ses descriptions de paysages qui viennent interrompre les monologues, les années qui passent de l'enfance à l'âge mûr. Même la mort de Perceval ne parvient pas à briser la monotonie du roman, parce que Perceval n'existait pas avant sa mort.

Nos vies, ma vie (comme les personnages de ce roman, j'oscille sans cesse entre mon identité personnelle et mon identité humaine) coulent sans que nous trouvions (sans que je trouve) qui nous sommes (qui je suis). Solitude à la fois irrémédiable et impossible, désirée et rejetée de toutes mes forces, comme l'appel de l'autre qui fait de moi à la fois un Neville disant à l'autre "viens plus près", et une Rhoda, que l'autre horrifie et qui se cache, se vampirise, et tout à coup, sans crier gare, se retrouve morte.

Lundi 3 Fevrier 2026 à 20 heures Spectacle a la Criée

Eugene Ionesco  "La lecon" Eugene Ionesco    Spectacle a la Criée
 La leçon est l'une des pièces les plus jouées et les plus lues d'Eugène Ionesco. Elle commence comme une satire hilarante de l'enseignement, pour faire allusion ensuite à de savantes théories linguistiques ; le ton, alors, change : la farce se termine en tragédie lorsque le professeur tue son élève. Mais cette tragédie est, elle aussi, parodique : chacun lui donne le sens qu'il veut. 


  Extrait
  LE PROFESSEUR : Les sons, Mademoiselle, doivent être saisis au vol par les ailes pour qu’ils ne tombent pas dans les oreilles des sourds. Par conséquent, lorsque vous vous décidez d’articuler, il est recommandé, dans la mesure du possible, de lever très haut le cou et le menton, de vous élever sur la pointe des pieds […] et d’émettre les sons très haut et de toute la force de vos cordes vocales. Comme ceci : regardez : « Papillon », « Euréka », « Trafalgar », « papi, papa ». De cette façon, les sons remplis d’un air chaud plus léger que l’air environnant voltigeront, voltigeront sans plus risquer de tomber dans les oreilles des sourds qui sont les véritables gouffres, les tombeaux des sonorités. Si vous émettez plusieurs sons à une vitesse accélérée, ceux-ci s’agripperont les uns aux autres automatiquement, constituant ainsi des syllabes, des mots, à la rigueur des phrases, c’est-à-dire des groupements plus ou moins importants, des assemblages purement irrationnels de sons, dénués de tout sens, mais justement pour cela capable de se maintenir sans danger à une altitude élevée dans les airs. Seuls tombent les mots chargés de signification, alourdis par leur sens, qui finissent toujours par succomber, s’écrouler… 

Les Seances de Janvier 2026

Comme dans "Les lunettes d'or et autres histoires de Ferrare", c'est encore de la société provinciale italienne que Giorgio Bassani nous donne, autour d'une énigmatique figure de jeune fille, un tableau minutieux et concret, mais en même temps voilé de brume. Quand le livre s'achève, tout a été dit. Cependant, pour le lecteur comme pour le narrateur, se posent des questions sans réponse, et l'on se rend compte que c'est une visite au royaume des morts que l'on vient de faire; la mélancolie vient assombrir le décor d'un passé irrémédiablement perdu.
"Le Jardin des Finzi-Contini" est un roman singulièrement envoûtant, car c'est surtout celui des relations humaines complexes qui finalement demeurent en suspens : celles qui lient le narrateur à l'insaisissable Micol, celle-ci à son frère Alberto, l'amitié trouble d'Alberto pour le Milanais Malnate, ou celle difficile du protagoniste pour ces deux jeunes gens.
Et tout autour d'eux, il y a, extraordinairement vivant, le microcosme de la Ferrare bassanienne, dont se détache, aristocratique et solitaire, la famille Finzi-Contini, séparée du monde par les murs de son immense jardin planté d'essences rares. L'assaut des discriminations raciales et des persécutions, dont on voit lentement se resserrer l'étau, semble un instant devoir combler le fossé qui s'ouvre entre elle et ses compagnons de malheur, mais il ne fait en réalité que le creuser davantage ; comme si , depuis toujours, les Finzi-Contini avaient attendu ce tragique signe d'élection, comme si tout leur orgueil n'avait été que celui de s'acheminer, les yeux grands ouverts, tête haute, vers le brasier qui réduit en cendres une époque. Et finalement, vue à travers la poésie de Bassani, la communauté israélite de Ferrare devient le symbole de la société humaine.
(4e de couverture)


Notre prochaine réunion approche à grands pas et c'est un florilège d'ouvrages qui nous sera présenté lundi prochain.

E   En voici la liste.


-      « L’affaire de la rue Transnonain » de Jérôme Chantreau 

-      « Je ne te verrai pas mourir » de Munoz Molina 

-      « Âme brisée » de Akira Mizubayashi 

-      « Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas » de Paul Veyne

-      « Les vestiges des jours » de Ishiguro.

-      « James » de Perceval Everett 

-      « L’Homme ralenti » de J.M. Coetzee

       A très bientôt donc

    Bien amicalement

    Elisabeth

 

Les Seances de Decembre 2025



 
La leçon est l'une des pièces les plus jouées et les plus lues d'Eugène Ionesco. Elle commence comme une satire hilarante de l'enseignement, pour faire allusion ensuite à de savantes théories linguistiques ; le ton, alors, change : la farce se termine en tragédie lorsque le professeur tue son élève. Mais cette tragédie est, elle aussi, parodique : chacun lui donne le sens qu'il veut. 


  Extrait
  LE PROFESSEUR : Les sons, Mademoiselle, doivent être saisis au vol par les ailes pour qu’ils ne tombent pas dans les oreilles des sourds. Par conséquent, lorsque vous vous décidez d’articuler, il est recommandé, dans la mesure du possible, de lever très haut le cou et le menton, de vous élever sur la pointe des pieds […] et d’émettre les sons très haut et de toute la force de vos cordes vocales. Comme ceci : regardez : « Papillon », « Euréka », « Trafalgar », « papi, papa ». De cette façon, les sons remplis d’un air chaud plus léger que l’air environnant voltigeront, voltigeront sans plus risquer de tomber dans les oreilles des sourds qui sont les véritables gouffres, les tombeaux des sonorités. Si vous émettez plusieurs sons à une vitesse accélérée, ceux-ci s’agripperont les uns aux autres automatiquement, constituant ainsi des syllabes, des mots, à la rigueur des phrases, c’est-à-dire des groupements plus ou moins importants, des assemblages purement irrationnels de sons, dénués de tout sens, mais justement pour cela capable de se maintenir sans danger à une altitude élevée dans les airs. Seuls tombent les mots chargés de signification, alourdis par leur sens, qui finissent toujours par succomber, s’écrouler… 
C'est un livre qui dit simplement : "Ouvre-moi. Ouvre-toi". Oserez-vous ? "Formules". Ce titre choisi par Yves Gerbal (alias "ive") pour désigner ses bribes de pensée est à rapprocher des termes littéraires plus connus de préceptes, sentences, aphorismes. Une "formule" c'est donc ici une pensée énoncée dans une forme brève, concise, lapidaire, synthétique. Ecrits d'une manière très sobre et ultra minimaliste, ces très brefs énoncés sont en revanche disposés sur la page de manière ostentatoire pour inciter à ralentir la lecture et aborder chacun comme un objet de réflexion et de méditation à part entière. Parfois volontairement très banals en apparence ou au contraire très énigmatiques, ils sont une invitation à les approfondir et à les prolonger à chaque lecture. Ce livre est celui d'un chercheur qui vous propose de partager ses découvertes, celui d'un penseur qui vous invite à penser avec lui, aujourd'hui et pour demain. On peut aborder ce livre par n'importe quelle entrée, considérant chaque "verset" numéroté comme un support unique de pensée et de commentaire mais pouvant ensuite être relié à l'ensemble. La plupart de ces "formules" ont été "trouvées" après une très longue marche sur les chemins de Compostelle et un séjour à l'abbaye de Sénanque... Ive s'inscrit modestement à sa manière, à sa place, dans la lignée des maîtres de sagesse, philosophes, poètes errants, moralistes, mystiques, guides spirituels, qui ont privilégié cet art de la formule condensée, avec ici un goût de l'épure et de la fulgurance qui rappelle en particulier les "koans" du bouddhisme zen ou les préceptes du "Tao Te King" de Lao-Tseu. Ive fait le voeu que ce "Petit livre bleu", objet accessible à tous, puisse rassembler, rapprocher, celles et ceux qui y trouveront "formulées" leurs propres recherches en humanité, leur propre expérience de l'existence, et qu'il les accompagne sur leur chemin de vie.